Selon le Stringisme, l’information peut effectivement disparaître. Même si tout est construit à partir du savoir présent dans l’univers, et que ce savoir ainsi que son histoire déterminent en partie ce qui apparaît et comment cela évolue, ce savoir doit aussi être nourri.
Moins quelque chose est utilisé, renforcé ou nourri, plus la string elle-même s’affaiblit. Elle commence lentement à se déliter, à s’user ou à perdre son énergie. Pas nécessairement d’un coup, mais progressivement, jusqu’à ce que la structure qui formait la string n’existe plus comme auparavant.
On peut aussi le voir dans la nature autour de nous. Quand nous mourons, lorsque notre âme nous quitte et que notre knot de fils se défait lentement, notre corps commence lui aussi à se décomposer et, avec le temps, cesse d’exister comme la structure qu’il était autrefois. La matière demeure, mais le corps lui-même disparaît.
On observe la même chose avec quelque chose d’aussi simple qu’un fil de laine. Un fil peut lentement commencer à s’effilocher, à se fragmenter en fibres plus petites et, finalement, à perdre complètement sa forme d’origine. Ce qui était autrefois un fil identifiable n’existe alors plus. Il ne reste que des composants plus petits qui pourront peut-être un jour se rejoindre ailleurs sous une autre forme.
Dans la nature aussi, nous voyons sans cesse que l’état naturel est le chaos. C’est même l’une des lois fondamentales de la nature. Ce qui est organisé et construit a besoin d’entretien, d’énergie ou de nourriture pour conserver cette structure. Sans cette nourriture, elle commence lentement à se désagréger.
Dans le Stringisme, il faut toutefois introduire le concept d’énergie.
Même si l’histoire, le savoir et la signification d’une string peuvent finir par disparaître lorsque cette string se désagrège complètement, cela ne veut pas dire que tout disparaît réellement. L’énergie nécessaire pour former cette string demeure présente sous une forme minimale. On ne peut pas créer quelque chose à partir de rien, mais on ne peut pas non plus faire disparaître tout en rien.
Cette énergie, en elle-même, n’a toutefois pas de sens. Elle ne contient plus nécessairement les souvenirs, le savoir ou l’identité de la string d’origine. À ce moment-là, elle est en quelque sorte dépourvue de sens et désordonnée.
Jusqu’à ce qu’un nouvel événement se produise quelque part, une naissance, un souvenir, une pensée ou un autre changement peut attirer à nouveau cette énergie pour former une nouvelle string. Différentes strings peuvent alors se rejoindre à nouveau et créer un nouveau knot.
Ce qui apparaît n’est alors pas nécessairement la continuation de ce qui existait avant. L’information d’origine peut avoir disparu. Mais une partie de l’énergie qui avait autrefois contribué à former cette ancienne string peut redevenir partie intégrante de quelque chose de nouveau. Quelque chose de nouveau est donc formé par des strings, porté par le contexte dans lequel il apparaît, comme la naissance d’une âme. Ces strings apparaissent elles-mêmes à un niveau inférieur à travers un événement suffisamment marquant pour créer une string qui pourra plus tard servir de base à quelque chose de plus grand. Si l’on considère un instant la naissance, les strings forment différents knots qui, à leur tour, suivent l’âme ou une personne. Mais cet événement attirera aussi de l’énergie pour créer de nouvelles strings. D’une part, pour relier la naissance à ses knots d’origine ou à ses parents. D’autre part, pour rendre cette naissance unique.
Dans le Stringisme, disparaître ne signifie donc pas nécessairement que tout est perdu. Une string peut disparaître. Son histoire peut disparaître. Sa signification peut disparaître. Mais l’énergie dont elle était composée peut être à nouveau intégrée dans de nouvelles strings et de nouveaux knots.